Ce qui est formidable c'est de se dire que quoi qu'il arrive j'aurai assez bien vécue pour ne rien regretter et pour avoir vu tout ce en quoi je rêvais. Je peux m'endormir tranquillement en me disant, j'ai vécu des choses extraordinaires, entourée des personnes les plus sincères qu'il soit. J'ai réalisé un de mes rêves en voyant à deux reprises Crystal Castles sur scène, j'ai vu Pete Doherty à deux mètres de moi dans la rue des Rosiers, j'ai vu Yuksek, Surkin, The Virgins, Autokratz & Digitalism sur scène, j'ai croisé Barack Obama sur le Pont Neuf à Paris saluant la foule de sa main gauche, j'ai slamer sur The Ting Tings, je verrai MGMT, Vitalic, Birdy Nam Nam et The Klaxons cet été, j'ai bu de tous les alcools possibles, j'ai embrassé des beaux garçons, j'en ai même aimé parfois jusqu'à en pleurer, j'ai hais, j'ai tout ressenti. J'ai voyagé en France, j'ai voyagé en Espagne, j'ai caressé la Tamise, j'ai photographié pendant des jours et des jours les paysages d'Italie. J'ai été passionnée, j'ai dans certaine situation tout donné pour ne rien regretter, je n'ai jamais voulu être une personne en qui je ne croyais pas, j'ai réussi mes études, mes parents en sont fières, j'ai aidé quiconque le désirait tant que je le pouvais. J'ai vécu avec l'espoir d'un jour meilleur et j'y ai cru jusqu'à la dernière seconde.
Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne.
Faire taire les pianos, et sans roulements de tambours,
Sortir le cercueil avant la fin du jour.
Que les avions qui hurlent au dehors,
Dessinent dans le ciel ces trois mots, Il est mort.
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices,
Ganter de noir les mains des agents de police.
Il était mon nord, mon sud, mon est et mon ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait, j'avais tort.
Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye,
Démonter la lune et le soleil,
Vider l'océan, arracher la forêt,
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
W.H. Auden.